Initiation aux Rites maçonniques égyptiens

 

Historique des Rites maçonniques égyptiens

Il est désormais classique que l’Initiation occidentale provient de trois courants : le Gnosticisme, la Kabbale hébraïque et la Rose Croix qui toutes trois ont hérité des traditions ésotériques de l’ancienne Égypte (Misraïm, ne signifie-t-il pas Égypte en hébreu ?).

L’initiation serait partie de cette ancienne Égypte par le biais du Pythagorisme et de l’hermétisme Alexandrin véhiculé par un courant néo gnostique rosicrucien pour enfin nous parvenir sous l’aspect de rites maçonniques de Misraïm puis de Memphis et enfin de Memphis-Misraïm.

« Toute Lumière vient de l’Orient : Toute Initiation de l’Égypte ».

Depuis la Renaissance, cet Orient mythique s’est souvent confondu avec l’Égypte ancienne des Mystères d’Isis et d’Osiris.

Dès 1450 se fondera l’Académie Platonicienne de Florence grâce à Cosme de Médicis et Marsile Ficin qui traduira en latin le Corpus Hermeticum du mythique Hermès Trismégiste (le trois fois grand) derrière lequel se profile l’ombre hiératique de Thot.

Deux noms sont aussi à retenir : Guillaume Postel et le malheureux philosophe panthéiste qui fût brûlé par le « Saint-Office » Giordano Bruno. Enfin, un jésuite Athanase Kircher dans son ouvrage Œdipius Ægyptiacus donnera le pont de départ de l’égyptophilie que l’ésotérisme ne cessera plus de cultiver. Combiné avec le roman de l’Abbé Terrasson Sethos ou vie tirée des monuments et des anecdotes de l’ancienne Égypte édité en 1731, ces œuvres influencèrent la plupart des rites égyptiens dont le premier initiateur fut sans conteste Alexandre de Cagliostro.

De Misraïm.

De son vrai nom Giuseppe Balsamo (Alexandre Dumas en fera un roman célèbre Joseph Balsamo avec beaucoup d’erreurs historiques d’ailleurs) qui « serait » né à Palerme en 1743, docteur pratiquant le français, l’italien, le Portugais, le latin et l’allemand et « aurait » rencontré le Comte de Saint Germain dans le cadre de la Rose Croix.

Il inaugura à Lyon, le 24 décembre 1784 son rite de la Haute Maçonnerie Égyptienne dans le cadre de la Loge « La Sagesse Triomphante » qui comporta trois grades : Apprenti Égyptien, Compagnon Égyptien et Maître Égyptien, il en fut le Grand Cophte.

Il devait mourir après de terribles tortures que lui infligea la « Très Sainte Inquisition Catholique Romaine » assassiné le 26 août 1795 dans son cachot de la forteresse de San Leone.

D’autre part, le rite Primitif des Philadelphes de Narbonne, établi vers 1779 dans la ville dont il porte le nom par le Marquis François Anne de Chefdebien, fait appel aux Orients d’Égypte et de Syrie et parle du Grand Cophte enseveli sous son grand voile noir. Cet atelier suspendit ses travaux le 6 décembre 1814 après le décès du Marquis.

À Memphis.

Par ailleurs, le Rite Primitif de Narbonne fut agrégé au Grand Orient de France en 1806. Il avait été en 1798 importé de l’Égypte par des officiers de l’armée de Bonaparte (il a même été dit que Napoléon y aurait reçu la Lumière selon une circulaire interne du G.O.D.F.) qui avaient installé une loge au Caire. Pour notre part nous pensons que le futur Empereur a plutôt reçu une Initiation relevant des Grands Mystères en étant élevé probablement au Grade de Minerval sous les auspices des Illuminés de Bavière ou d’une de leurs survivances occultes comme le suggère d’ailleurs une gravure de l’époque.

C’est dans cet atelier du Caire que fut initié Samuel Home qui en 1814 créera une loge sous le vocable de « Les Disciples de Memphis » avec l’assistance de Gabriel Marconis de Nègre, du Baron Dumas, du marquis de la Roque et de petit et Hippolyte Labrunie. Le Grand Maître était Marconis de Nègre.

Sujet à des intrigues, cet atelier fut mis en sommeil en 1816. Les travaux furent repris en 1826 sous les auspices du Grand Orient de France.

Quelques années plus tard, Jean Étienne Marconis de Nègre (le fils du précédent) réveille le rite par l’installation à Paris en 1838 de la Loge Osiris. Il a aussi l’idée de réunir les degrés des différents Rites pratiqués. Il donna à cette organisation le titre de Rite Ancien et Primitif de Memphis. Les degrés d’initiation furent divisés en trois séries.

La première série, grades 1 à 36, enseigne la partie morale, offre l’explication, des symboles, des emblèmes et des allégories et prépare à la Philosophie maçonnique.

La deuxième série 36 à 68 comprend l’étude de l’histoire, des sciences naturelles et des Rites Maçonniques les plus répandus ainsi que des mythes et initiations de l’antiquité.

Enfin, la troisième série 69 à 95 renferme le complément de la partie historique de la philosophie, et mystique et transcendante composée d’ésotérisme et des Grands Mystères maçonniques, cette dernière révèle la Gnose.

Telle est l’origine du Rite Ancien et Primitif de Memphis auquel est venu s’adjoindre par la suite le Rite de Misraïm.

Enfin, un autre Rite notable antérieur à celui de Cagliostro fut le Rite des Architectes africains crée à Berlin vers 1767 par Friedrich Von Koppen officier de l’armée prussienne. Il voulait reproduire les initiations aux anciens Mystères d’Égypte qui se seraient déroulées dans la grande Pyramide (Crata Repoa, Rite égyptien à 7 grades du Pastophoris au Propheta). Il devait subsister jusqu’à 1827 avant son absorption par le Grand Orient de France

Vers Misraïm.

Après la campagne d’Égypte, c’est en Italie sous l’occupation napoléonienne que naquit le Rite de Misraïm en 90 degrés, une loge dans les Abruzzes de Lancrano en 1811 puis la famille Bedarrides (frères et père) militaires dans l’armée du prince Murat dans la République de Venise.

C’est semble-t-il le Grand Maître à Naples Pierre de LaSalle qui semble avoir introduit les 87, 88, 89 et 90° des Hauts Grades « Arcana Arcanorum » dans le régime de Naples de Misraïm et le père Gad et les fils Marc Joseph et Michel Bedarrides qui introduiront Misraïm en France (1814-1815).

Memphis-Misraïm.

En 1881, le Souverain Grand Inspecteur Général (33e REAA) Joseph Garibaldi, ancien Grand Maître du grand Orient d’Italie est nommé au Sublime Grade de Grand Hiérophante Général (97e) Chef Mondial du Rite et entreprend de fédérer l’union des deux courants de cette maçonnerie « égyptienne » et qui sera parachevée en septembre 1881 par l’échange entre Yarker et Pessina.

L’œuvre continuera au 20e siècle, des degrés seront ajoutés. Des personnes comme Papus, Bricaud, Constantin Chevillon (assassiné par les nazis pendant l’occupation) et surtout Robert Ambelain continuèrent l’ouvrage.

À notre époque, l’unité entre les différents courants est loin d’être réalisée et c’est aussi peut-être par la diversité de ses courants et la richesse des personnalités qu’elle engendre que le Rite de Memphis-Misraïm est si attachant.

Après ce que nous venons d’exposer on comprendra, que cette méthode initiatique ne peut convenir qu’à un nombre restreint d’individus se recrutant principalement parmi les étudiants en occultisme et hermétisme qui sont souvent plus aptes que les autres du fait de leur quête à appréhender les secrets maçonniques réels et chez les Maçons soucieux de travailler plus de « cinq minutes de symbolisme » et voulant remonter aux sources de leur Art.

 

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